La trilogie du Prince Dragon est bien différente de ce que suggère la converture française. L'histoire du Prince Dragon, c'est d'abord une histoire de famille, avec ses drames, ses amours, ses rivalités, ses ambitions... Il y a un peu de guerre et de violence dans le premier tome, mais ensuite ce ne sont plus que des conflits entre personnes et des palabres diplomatiques. Par moments on se croirait dans Dallas...
L'histoire se passe sur un continent composé de multiples principautés. Deux princes dominent nettement les autres : le Haut Prince et le Prince Dragon (surnommé ainsi car ayant un lien particulier avec les dragons présents dans son désert). Ces deux hommes se sont d'abord affirmés par leurs talents guerriers.
A la mort de son père, Rohan, jusque là un héritier très discret, passant son temps dans les livres plutôt que sur un champ de bataille, doit devenir le Prince Dragon et faire face aux ambititions de plus en plus effrenées du Haut Prince. Bien qu'il ne renie ni son père ni son héritage, il répugne à affirmer son autorité par la violence et la guerre. Rohan va donc s'efforcer de montrer que la ruse et la diplomatie peuvent faire bien plus de miracles. C'est cette démonstration qui va s'illustrer au fil des trois tomes.
Tous les trois ans les princes et leurs familles se retrouvent à un rassemblement appelé "Rialla", et qui donne lieu, durant une vingtaine de jours de festivités, à la conclusion de traités diplomatiques et d'alliances matrimoniales entre les familles. Tous les tomes de la trilogie sont axés sur cette Rialla (la préparation, la Rialla même, et l'après-Rialla).
Dans le premier tome, on assiste à la rencontre entre le prince Rohan et celle qui deviendra l'amour de sa vie, la "Sunrunner" Sionned. Sionned est une jeune femme magicienne, élevée au sein de la confrérie des magiciens (les "Sunrunners"). Sionned a un caractère bien affirmé et celui-ci tombe immédiatement sous le charme. Mais il ne va pas pouvoir afficher sa préférence de suite car le Haut Prince entend bien profiter de l'occasion pour marier une de ses 17 filles (oui, 17! le pauvre n'arrive pas à avoir d'héritier mâle et redouble d'efforts...) avec le Prince Dragon. Refuser une de ses filles pourrait apparaître outrageant diplomatiquement...
Dans le deuxième et le troisième tome, on voit vieillir nos héros (Rohan à la fin approche les 60 ans) et on voit la nouvelle génération prendre la relève, et les conflits familiaux se multiplier. Dans ces deux familles aux caractères bien affirmés, surtout du côté féminin, les rivalités sont nombreuses... On voit aussi un rapprochement, bien que ténu avec les dragons. Chassés et tués durant le premier tome, car apparaissants comme des nuisibles, ils sont ensuite protégés. Les magiciens cherchent même à communiquer avec eux. Les dragons ici ne sont pas des bêtes bienveillantes, paisibles et bavardes. Non, ici ce ne sont que des animaux, animaux qui deviennent agressifs si les hommes s'approchent un peu trop.
J'ai beaucoup apprécié cette trilogie qui finalement ne fait qu'aborder des thèmes intimes qu'on pourrait retrouver dans un roman contemporain classique, principalement ce qui constitue l'identité (notre génétique, notre éducation, notre héritage, autre chose?) et tout ce qui tourne autour de l'amour (entre enfants et parents, entre adultes, au sein d'une même famille). Autre réussite, comme beaucoup d'auteurs féminins, Melanie Rawn dépeint ses personnages avec une grande finesse psychologique et la plupart sont très réussis (quoique à la fin je m'y perde un peu avec les personnages du tome 1 qui ont des enfants dans le tome 2 qui eux-mêmes, devenus personnages de premier plan, se mettent à pouponner dans le tome 3...).
Je vois deux limites dans cette trilogie. D'abord, peut-être un manque de rythme par moments. Comme finalement il n'y a pas tant d'action que cela (surtout des trahisons et des ruses, les unes et les autres mettant beaucoup de temps à s'installer) la lecture est parfois un peu lente. Ensuite, dans chaque tome les héros doivent affronter un nouvel ennemi. Le premier était bien réussi, on avait même de l'empathie pour lui. Les deux autres paraissent un peu plus artificiels et fades. Au final je mettrais 4 étoiles pour le premier tome (beaucoup plus dramatique aussi!!!) et 3 étoiles pour les deux tomes suivants.
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