"The Giver" est un court roman paru dans les années 90, vendu à des millions d'exemplaires dans le monde anglo-saxon, et inscrit dans les programmes d'éducation (niveau collège je crois). Il se lit en deux ou trois heures seulement et on ne le lâche pas de bout en bout. Ne vous arrêtez pas à la couverture que je trouve assez laide!
L'histoire est celle de Jonas qui va bientôt avoir 12 ans. L'année de ses 12 ans(il ne connaît pas, pas plus que les autres, la date de sa naissance, l'anniversaire est un concept inconnu), il va participer à une cérémonie durant laquelle on lui assignera, tout comme à tous ses camarades, ce qui sera le travail de toute sa vie. Il ne sait pas ce que ce sera, le choix est considéré comme dangereux dans cette société, et ce sont les Anciens qui sont les mieux placés pour assigner une place à chacun.
Jonas jusque là pense être bien. Comme tous ses camarades, il a un père, une mère et une soeur. Toutes les familles comportent un père, une mère, un frère et une soeur. Les parents doivent déposer une demande et un jour, lors d'une cérémonie, ils reçoivent un bébé sevré et disposant déjà d'un prénom. Quelques années plus tard maximum, ils doivent recevoir un bébé du sexe opposé.
Sa vie est rythmée par les tâches que doivent remplir les enfants de son âge et par les messages venant de hauts parleurs omniprésents, diffusant par exemple :"ATTENTION. THIS IS A REMINDER TO FEMALES UNDER NINE THAT HAIR
RIBBONS ARE TO BE NEATLY TIED AT ALL TIMES". Ce message écorche souvent les oreilles de sa petite soeur, un peu remuante et qui a du mal à respecter le code vestimentaires des enfants d'en dessous de neuf ans.
Par petites touches, on s'aperçoit que si son monde a de bons côtés (la seule douleur dont il se souvient, c'est le jour où il s'est pincé à une porte...), c'est surtout un monde dictatorial et terrifiant, car non construit sur la volonté d'un tyran mais sur celle de la société elle-même qui s'est construite ainsi des siècles peut-être auparavant. Et finalement on s'aperçoit qu'on va bien au-delà de la dictature et que le principe de sécurité est allé jusqu'à la négation de ce qui fait l'être humain...
On découvre progressivement que tout est régi par des règles, dans les aspects les plus privés, par exemple concernant la gestion des peluches pour enfants, qui d'ailleurs ne s'appellent pas ainsi, ce serait donner trop de sentiments : ""... there are certain people waiting for their comfort object." dit la petite soeur. "Lily," her mother said fondly, "you're very close to being an Eight, and when you're an Eight, your comfort object will be taken away. It will be recycled to the younger children. You should be starting to go off to sleep without it." Je ne veux pas en dire plus pour vous gâcher le choc de la découverte, mais il y a des choses beaucoup plus perturbantes ou étonnantes que ce sujet.
Ce court roman est très efficace, et l'on évolue de la même manière que le jeune Jonas, une fois qu'il commence l'apprentissage de son nouveau travail pour le moins inhabituel. La conclusion s'achève sur une ambiguité que j'ai interprétée dans le sens le plus négatif (conclusion qui est déprimante, mais qui est mon interprétation), mais d'après Wikipédia, l'auteur a ensuite créé deux suites à ce roman et l'ambiguité est levée, l'interprétation positive l'emportant.
N'hésitez pas à vous plonger dans ce livre. Il est court et c'est une vraie pépite. Vous pouvez facilement le lire en anglais, le niveau est très simple.
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