La série « Second Sons » de Jennifer Fallon comporte trois tomes : the Lion of Senet, The Eye of the Labyrinth et Lord of the Shadows. J'ai dévoré les trois tomes en une semaine. Un amazonaute disait qu'on était happé par l'histoire dès la première page, moi j'ai dû attendre le 7ème chapitre, mais après il m'était difficile d'arrêter la lecture.
L'histoire se passe dans un monde imaginaire, où il n'y a ni magie, ni créatures mythiques...La seule étrangeté, mais qui a un rôle prédominant, est la présence de deux soleils dans le ciel.
L'auteur se concentre sur deux royaumes, le grand royaume de Senet et le petit royaume de Dahyn, ainsi que sur le culte religieux établi, l'Ordre du Soleil, avec deux « sous divisions », les Danseurs du Soleil et les Danseurs de l'Ombre.
Lors d'une éclipse des soleils qui dura dix ans, Dahyn appela Senet à son secours pour l'aider à combattre la famine. Senet en profita pour annexer Dahyn, avec l'aide de la grande prêtresse d'une sous division émergente de l'Ordre du Soleil, les Danseurs de l'Ombre. Cette grande prêtresse prédit quand l'éclipse s'arrêterait, et la prédiction se réalisa. Cela eu pour effet de soumettre les populations au joung des Danseurs de l'Ombre, associés au Lion de Senet, le roi tout puissant et craint à la tête de l'Etat de Senet. Le roi de Dahyn dû s'enfuir et sa soeur devint la nouvelle souveraine, mais sans pouvoirs réels, soumise au Lion de Senet. La population locale eu d'autant plus de mal à accepter le nouvel ordre politique que le culte des Danseurs de l'Ombre devint incontournable, culte barbare qui demande des sacrifices humains une fois par an ainsi que des orgies collectives à la même occasion, impliquant tous les hommes et femmes non mariés.
L'histoire se concentre sur les faits et les rivalités de plusieurs deuxièmes fils, d'où le titre de la série. Le héros, Dyrk, est le deuxième fils d'un petit duc provincial. Dans leur duché, sur ordre de la femme du duc, le culte des Danseurs de l'Ombre ne s'est guère implanté et Dyrk a été élevé dans des valeurs rappelant le Siècle des Lumières. Dyrk ne rêve pas de pouvoir, il cherche simplement à devenir médecin. Il est doté d'une intelligence sans égale (ou presque) et d'un sens politique exceptionnel, qui l'amèneront à construire des intrigues politiques où il apparaîtra comme le pire homme qui soit, afin d'arriver à son but premier. Un jour arrive le roi, accompagné de la grande prêtresse des Danseurs de l'Ombre (qui est aussi sa maîtresse) et de ses deux fils, Misha le fils aîné, qui est un peu handicapé et très souvent malade, et de Kirch, le portrait frappant de son père. Le roi et la grande prêtresse, pour des motifs différents, vont tout se suite être intéressés par Dyrk...
L'histoire, bien qu'essentiellement construite sur des intrigues politiques, est aussi rythmée par quelques intrigues sentimentales avec Tia Veron, dotée d'un caractère emporté, et Marquel, qui débute dans l'histoire comme étant prostituée et acrobate et qui rêve à un destin bien plus important.
Comme le disent déjà tous les autres commentaires, cette série est excellente bien sûr par son écriture simple et fluide, par la psychologie de ses personnages (rappelant un peu la plume de Robbin Hobb), mais aussi par ses retournements de situation constants (qui aurait pu imaginer comment évolueraient Dyrk, Misha ou encore Marquel ?) et surtout par le parti pris de Dyrk. Dyrk comprend que ce n'est pas en jouant ouvertement ses cartes qu'il gagnera, il décide donc de combattre l'ennemi en l'infiltrant de l'intérieur et en faisant exprès de trahir tous ses amis. Il doit donc renoncer à tout amour propre, à tout amour tout court, et se retrouve seul à jouer un jeu dangereux, alors qu'il n'a même pas vingt ans. J'apprécie particulièrement l'ironie de l'auteur qui dans le dernier tome place Dyrk dans une position ubuesque et qui créée des couples assez inattendus (on aurait plutôt imaginé l'inverse que ce qui se produit !). Le seul petit bémol, déjà évoqué dans d'autres commentaires, est la psychologie un peu trop sommaire hélas utilisée pour deux personnages féminins, Tia et Marquel. Les deux ont des personnalités très monochromes qui peuvent lasser le lecteur.
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