lundi 9 août 2010

Lynn Flewelling - série "le Royaume de Tobin"

J'ai lu avec beaucoup de plaisir la trilogie de Tamir (trois tomes en anglais, découpés en six tomes en français, grr).
Derrière une histoire ultra-classique de fantasy (une prophétie, un roi félon, un fils faible, des magiciens, un héros qui va devoir conquérir son trône) se cache un beau récit sur la quête d'identité, sexuelle en particulier.
A la naissance, des jumeaux, une fille et un garçon, ont été séparés. Le garçon est mort et la fille a pris son identité grâce à un sort. Le but était de la protéger d'un roi qui tue toutes les filles de la lignée royale, afin de combattre la prophétie demandant une reine sur le trône du royaume, et non un roi.
Pendant des années le jeune Tobin vit sans savoir qu'il est en fait une fille. Il reçoit une éducation classique de jeune noble, et à part un épisode où il veut une poupée pour son anniversaire, demande qui suscite un tollé auprès de son père, il se comporte en garçon très mâle, attiré par les combats et les amitiés viriles. A l'adolescence cependant les ennuis commencent vraiment, avec un désintérêt certain pour les filles et un trouble envers les garçons.
La prise de conscience de sa vraie identité, avec les phases de refus et l'acceptation progressive, doublée d'une histoire d'amour difficile à mener, constitue la vraie originalité de ce récit progressiste où une femme peut être général dans l'armée et où les relations homosexuelles sont courantes (bien que non affichées en public).
Autre jolie trouvaille: le parallèle entre la chasse aux sorciers, qui doivent s'enregistrer et circuler avec une plaque sur leurs tuniques, et la persécution des juifs durant la seconde guerre mondiale.
Cependant, j'ai trouvé que l'histoire était longue, souvent trop longue. Et autant les moments d'intimité sont réussis (notamment quand Tobin est jeune on a parfois l'impression de se trouver au milieu d'un film tel Les Autres d'Amenabar), autant les scènes de combat semblent être des passages obligés qui m'ont assoupis. La série parlant plus au final de l'intime que du politique (même si le but ultime est bien d'établir une nouvelle ère), j'ai aussi eu du mal à compatir à la population souffrant de la peste, des famines etc... alors que j'ai eu beaucoup d'empathie envers les affres de Tobbin, de ses amis et des magiciens qui l'ont aidé.

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