mardi 17 août 2010

Melanie Rawn - la trilogie du Prince Dragon

La trilogie du Prince Dragon est bien différente de ce que suggère la converture française. L'histoire du Prince Dragon, c'est d'abord une histoire de famille, avec ses drames, ses amours, ses rivalités, ses ambitions... Il y a un peu de guerre et de violence dans le premier tome, mais ensuite ce ne sont plus que des conflits entre personnes et des palabres diplomatiques. Par moments on se croirait dans Dallas...



L'histoire se passe sur un continent composé de multiples principautés. Deux princes dominent nettement les autres : le Haut Prince et le Prince Dragon (surnommé ainsi car ayant un lien particulier avec les dragons présents dans son désert). Ces deux hommes se sont d'abord affirmés par leurs talents guerriers.

 
A la mort de son père, Rohan, jusque là un héritier très discret, passant son temps dans les livres plutôt que sur un champ de bataille, doit devenir le Prince Dragon et faire face aux ambititions de plus en plus effrenées du Haut Prince. Bien qu'il ne renie ni son père ni son héritage, il répugne à affirmer son autorité par la violence et la guerre. Rohan va donc s'efforcer de montrer que la ruse et la diplomatie peuvent faire bien plus de miracles. C'est cette démonstration qui va s'illustrer au fil des trois tomes.



Tous les trois ans les princes et leurs familles se retrouvent à un rassemblement appelé "Rialla", et qui donne lieu, durant une vingtaine de jours de festivités, à la conclusion de traités diplomatiques et d'alliances matrimoniales entre les familles. Tous les tomes de la trilogie sont axés sur cette Rialla (la préparation, la Rialla même, et l'après-Rialla).

 
Dans le premier tome, on assiste à la rencontre entre le prince Rohan et celle qui deviendra l'amour de sa vie, la "Sunrunner" Sionned. Sionned est une jeune femme magicienne, élevée au sein de la confrérie des magiciens (les "Sunrunners"). Sionned a un caractère bien affirmé et celui-ci tombe immédiatement sous le charme. Mais il ne va pas pouvoir afficher sa préférence de suite car le Haut Prince entend bien profiter de l'occasion pour marier une de ses 17 filles (oui, 17! le pauvre n'arrive pas à avoir d'héritier mâle et redouble d'efforts...) avec le Prince Dragon. Refuser une de ses filles pourrait apparaître outrageant diplomatiquement...


Dans le deuxième et le troisième tome, on voit vieillir nos héros (Rohan à la fin approche les 60 ans) et on voit la nouvelle génération prendre la relève, et les conflits familiaux se multiplier. Dans ces deux familles aux caractères bien affirmés, surtout du côté féminin, les rivalités sont nombreuses... On voit aussi un rapprochement, bien que ténu avec les dragons. Chassés et tués durant le premier tome, car apparaissants comme des nuisibles, ils sont ensuite protégés. Les magiciens cherchent même à communiquer avec eux. Les dragons ici ne sont pas des bêtes bienveillantes, paisibles et bavardes. Non, ici ce ne sont que des animaux, animaux qui deviennent agressifs si les hommes s'approchent un peu trop.

 
J'ai beaucoup apprécié cette trilogie qui finalement ne fait qu'aborder des thèmes intimes qu'on pourrait retrouver dans un roman contemporain classique, principalement ce qui constitue l'identité (notre génétique, notre éducation, notre héritage, autre chose?) et tout ce qui tourne autour de l'amour (entre enfants et parents, entre adultes, au sein d'une même famille). Autre réussite, comme beaucoup d'auteurs féminins, Melanie Rawn dépeint ses personnages avec une grande finesse psychologique et la plupart sont très réussis (quoique à la fin je m'y perde un peu avec les personnages du tome 1 qui ont des enfants dans le tome 2 qui eux-mêmes, devenus personnages de premier plan, se mettent à pouponner dans le tome 3...).


Je vois deux limites dans cette trilogie. D'abord, peut-être un manque de rythme par moments. Comme finalement il n'y a pas tant d'action que cela (surtout des trahisons et des ruses, les unes et les autres mettant beaucoup de temps à s'installer) la lecture est parfois un peu lente. Ensuite, dans chaque tome les héros doivent affronter un nouvel ennemi. Le premier était bien réussi, on avait même de l'empathie pour lui. Les deux autres paraissent un peu plus artificiels et fades. Au final je mettrais 4 étoiles pour le premier tome (beaucoup plus dramatique aussi!!!) et 3 étoiles pour les deux tomes suivants.

jeudi 12 août 2010

Brian Lumley - série Nécroscope

La série "Nécroscope" fait 15 tomes actuellement, même si hélas il semble que seuls les 3 premiers (datant de la fin des années 80) aient été publiés en France.


Nécroscope est un livre étonnant, qui m'a beaucoup désorientée. On commence en Grande-Bretagne, dans un bâtiment secret à la Men In Black, avec une sorte de fantôme. Puis on enchaîne dans l'URSS des années 70s, dans un autre bâtiment secret, où l'on fait des expériences de nécromancie peu ragoûtantes mais qui semblent efficaces. On y cite Brejnev et Antropov... Puis on part en Roumanie, où une Chose, une sorte d'Alien, de parasite à l'origine des vampires, cherche à sortir de terre. Et après on va dans un collègue anglais, où l'on fait connaissance avec un petit génie des mathématiques.

Bref, sur 500 pages, j'étais complètement perdue pendant le bon premier tiers! Et puis soudainement tout a commencé à s'emboîter et j'ai trouvé que le rythme s'accélérait, jusqu'à devenir frénétique dans les pages finales (notamment la bataille finale, titanesque). On découvre des conflits entre personnes, mais aussi entre créatures, le tout sur fond de Guerre Froide.



C'est un bon livre d'horreur avec des scènes un peu gores (notamment les scènes de nécromancie) soupoudré de SF (on parle beaucoup de paranormal) et d'une revisite du mythe des vampires de Bram Stocker. C'est le dernier aspect que j'ai trouvé le plus créatif et le plus convaincant, appuyé par un "méchant" que l'on se plait à détester (beaucoup) et à plaindre (un peu).



Cependant je ne mettrais que 4 étoiles car le paranormal est finalement trop présent à mon goût. Le téléscopage entre les vampires et les pouvoirs paranormaux qui font du héros un vrai super héros de comics devient par moment un peu indigeste, et j'aurais préféré que l'auteur fasse un choix entre vampires-nécromancie-nécroscopie et visions du futur-déplacement dans le temps et l'espace. De plus, on ne découvre le héros que tardivement, et cela m'a empêché de beaucoup m'attacher à lui.



Malgré les quelques faiblesses que je décèle, c'est un très bon livre que j'aimerais beaucoup voir porté à l'écran. Malheureusement la série n'a inspiré pour le moment qu'un jeu de rôle sur ordinateur et quelques bandes dessinées.

lundi 9 août 2010

Jim Butcher - série "les Dossiers Dresden"

"Les Dossiers Dresden" étaient mis en avant, en tant que coup de coeur, chez un célèbre agitateur de curiosité. J'ai tenté le tome 1, mais je ne vais pas aller au-delà.
C'est un ouvrage de bit lit, dont la particuliarité est que le héros est masculin. Il s'agit de Dresden, le seul magicien de Dallas. A part cela, on retrouve beaucoup de points communs avec la bit lit habituelle (Anita Blake, Rachel Morgan, etc.). Dresden n'est pas très doué avec les femmes et n'est pas très doué non plus avec les affaires. Il vivote dans son petit cabinet en aidant notamment la police sur des cas paranormaux.
Dans ce tome 1, il doit enquêter sur le décès d'un couple surpris en pleine action amoureuse et tué selon toute vraisemblance par un magicien. Or, Dresden étant le seul magicien de Dallas, et ayant un passé un peu trouble, il est est le premier sur la liste des suspects.
L'histoire va donc voir Dresden alterner les phases où il doit se dédouaner (alors que ses interlocuteurs sont pour le moins virulents) et les phases où il peut enquêter à peu près tranquillement. Son enquête va lui faire croiser Madame Bianca, une vampire mère maquerelle, et quelques démons plus moches et hargneux les uns que les autres (mais pas toujours très futes futes).
Dresden, comme beaucoup de héros de bit litt, se traîne avec un animal familier, un énorme chat qui l'a élit comme maître (mais est-ce simplement un chat? à voir dans les prochains tomes...). Beaucoup plus original, il est l'heureux détenteur d'un crâne dans lequel est contenu un esprit avec un savoir ancestral et encyclopédique sur les sorts de toute sorte. Ce qui est plutôt bien car Dresden est plutôt du genre maladroit. Cet esprit, Bob, est un petit rigolo et un gros pervers, ne rêvant que de s'échapper du crâne pour pouvoir mater une orgie sexuelle humaine (il ne peut faire que cela, son corps n'ayant pas de substance).
Malheureusement, les passages avec Bob sont finalement assez brefs et je me suis ennuyée en lisant ce livre. L'intrigue policière n'est pas originale. Les personnages, à part Madame Bianca, Bob le rigolo et Morgan la tête de buche (un magicien lui aussi), sont fades. Je manque un peu d'empathie pour Dresden. Et, contrairement aux ouvrages de bit lit de manière générale, il n'y a pas d'histoire d'amour (même pas d'amorce), juste du flirt deci delà. On sent bien que par moments l'auteur fait un hommage appuyé aux polars noirs comme le Dalhia Noir, mais c'est justement un peu trop appuyé, et je trouve qu'au final on ne sait pas trop sur quel genre on est, à mi-chemin entre un polar et de la bit lit.

David Gemmel - série "Drenai" ("Legend")

"Legend" est le premier roman écrit par David Gemmel sur le peuple Drenai. Rédigé alors que l'écrivain se pensait atteint d'un cancer incurable, c'est le roman considéré comme le plus grand chef d'oeuvre de Gemmel.
J'ai mis du temps avant de me décider à le lire, n'étant absolument pas attirée par une histoire uniquement guerrière : le siège de Dros Delnoch (du recrutement à la préparation, avant des pages et des pages de bataille...), point clé du royaume Drenai permettant de repousser, ou pas, une invasion. Mais finalement j'ai dévoré ce roman en une journée!
Au premier niveau, on parle bien d'une histoire guerrière, avec l'analyse des troupes en présence, la construction des défenses, l'acheminement des vivres, l'entraînement des troupes. Mais même ce niveau de lecture m'a plu. Je me suis retrouvée à savourer chaque étape de l'entraînement des troupes, notamment les courses d'endurance. Comme quoi, un excellent écrivain peut faire d'un fait anodin un petit moment émouvant et plein de suspense.
Au deuxième niveau, on peut s'intéresser avec plaisir à la diversité des personnages. L'un des héros, Druss, est un vieillard de près de 70 ans, mais est considéré dans le monde entier comme un guerrier légendaire. Les deux autres personnages principaux, pour moi, sont Rek et Virae. Rek est un soldat assez cynique. Virae est la fille du comte "tenant" Dros Delnoch, et accessoirement une femme avec un caractère assez... emporté. Rek et Virae, ainsi que le dit un des mages, sont individuellement des personnages assez ordinaires, mais l'amour entre eux va sublimer leurs actions. De nombreux autres personnages apparaissent dans le roman, tous très attachants, notamment la jeune Ceassa. L'histoire montre finalement comment des personnages ordinaires, certains nobles d'esprit, d'autres nettement moins recommendables, peuvent se sublimer, grâce à un but commun et grâce à leurs interactions. Même le tyran, Ulrich, apparait émouvant lors des maggnifiques scènes finales. Bref, c'est une vision de l'humanité somme toute très réconfortante :-)
Le troisième niveau de lecture, pour moi, est l'analyse sur la légende. Druss n'a jamais perdu une bataille, il a vaincu des ennemis féroces, il a passé 7 ans de sa vie à rechercher (et à retrouver) la femme qu'il aimait. Alors que le comte en charge de la défense de Dros Delnoch lui demande de se joindre à ses troupes pour une action de la dernière chance, il réapparaît au public, qui va devoir se confronter entre ce qu'il est réellement par rapport à son image légendaire. Une scène en particulier, au début du roman, montre comment se comporte un admirateur de Druss face à lui. C'est une scène cruelle et bouleversante. L'écrivain montre finalement comment se construit une légende et plus encore, le pouvoir de cette légende. Bref, c'est une bonne leçon de communication :-)
Et enfin, au-delà des intrigues politiques, de la violence, de l'amour, il y a une dimension magique (ne pas oublier qu'on est dans un roman de fantasy) qui se transforme en une dimension spirituelle.
Bref, je pense que tout lecteur trouvera au moins un niveau de lecture qui lui plaira dans ce petit (enfin un livre de fantasy qui fait moins de 1000 pages!!!) bijou.

Guy Gavriel Kay - Tigana

J'ai lu très péniblement ce que tous les critiques de la fantasy considèrent comme un chef d'oeuvre, "Tigana", de Guy Gavriel Kay.
Tigana était une des neuf provinces indépendantes d'une péninsule faisant très nettement penser à l'Italie avant sa réunification finalement assez récente.


Tigana, c'est l'histoire d'un royaume qui a disparu des mémoires (tant son nom que son histoire et sa culture) par la magie d'un Roi-Magicien, fou de douleur après la mort de son fils lors d'une bataille contre la contrée de Tigana. Seuls ses anciens habitants (qui se sont exilés) se souviennent encore de son nom et de sa culture, mais s'ils prononcent son nom leurs interlocuteurs ne l'entendent pas. Tigana est vouée à disparaître inéluctablement quand tous ses habitants seront décédés.
L'histoire est donc celle du prince héritier exilé qui cherche à faire tomber de son trône le roi-magicien, et tant qu'à faire l'autre roi-magicien existant, l'un et l'autre cherchant à bâtir une hégémonie sur la péninsule et oppressant les peuples.
Cela commence comme un roman d'apprentissage, avec un chanteur, Delvin, qui rejoint une troupe de saltimbanques. Il s'aperçoit rapidement que la troupe lui cache des choses, et se retrouve engagé dans l'intrigue visant à faire renaître Tigana.
L'histoire est très bien écrite mais, au-delà du manque d'action, je suis surtout restée complètement insensible au sort de cette province perdue et je suis restée totalement indifférente au sort de Delvin, d'Alessan le prince exilé, et de toute sa bande. Le seul personnage qui m'a fait vibrer, et pour lequel j'ai lu avec grand plaisir chaque page le concernant, est Diandra. Diandra, alors adolescente, doit fuir Tigana et se jure de se venger. Elle va tout sacrifier, y compris l'amour, dans ce but. Malheureusement, ce n'est pas le personnage principal du roman :-/
Au final, comme la lecture doit être pour moi un plaisir et non une contrainte, je ne peut pas mettre plus de deux étoiles. Cette histoire ne m'a hélas absolument pas touchée.

Kim Harrison - série Madison Avery

En peine pour lire un autre ouvrage, j'ai décidé de me divertir en lisant le court roman de Kim Harrison, "Once Dead, Twice Shy". C'était une mauvaise idée, j'ai lu sans déplaisir le premier quart du roman, et ensuite je me suis forcée à lire (en diagonale je l'avoue) le roman jusqu'au bout.
J'ai été très déçue, d'autant plus que j'apprécie beaucoup la série "Rachel Morgan", où l'auteur prouve qu'elle a une vraie "patte" d'écrivain et un bon sens de l'humour.
Pour sa nouvelle série "Madison Avery", visant un public (très) jeune, Kim Harrison a commencé en publiant une nouvelle "Madison Avery and the Dim Reaper" dans un recueil de nouvelles (où l'on trouve notamment du Stephanie Meyer) se nommant "Prom Nights From Hell", tout un programme... J'ai eu l'opportunité de lire cette nouvelle, qui est je trouve ce qu'elle a fait de meilleur pour la série Madison. J'ai apprécié cette nouvelle où l'héroïne est une sale gamine capricieuse et égoïste, faisant le mur chez ses parents, et finissant par... (shut).
Mais j'ai nettement moins apprécié "Once Dead, Twice Shy". On reprend la situation quelques mois après la mort de Madison, devenue une sorte de mort-vivante dans le monde vivant, apparaissant en chair et en os à ses parents et ses amis grâce à un pierre mystérieuse, et protégée par un ange très maladroit. Malheureusement, les préoccupations de Madison sont très terre à terre (ce sont celles de toute ado de son âge) et l'histoire n'est pour moi pas originale pour un sou. L'auteur reprend en effet la trame de la série télé "Dead like me" (que je conseille à ceux qui ne l'ont pas vue) où des sortes de "mort-vivants" sont chargés de tuer ou de sauver de la mort des personnes élues. Certains traits de caractère de Madison sont aussez assez similaires à ceux de l'héroïne de la série télé, qui a aussi des problèmes pour se couler dans le moule de la société. La conclusion du roman promet un peu de soubresauts pour le futur, mais la critique de Larouette concernant le bouquin suivant "Early to Death, Early to Rise" laisse présager du pire.
L'humour est aussi nettement moins présent que dans la série Rachel Morgan, et les quelques scènes prêtant à sourire sont très inspirées de Rachel Morgan (notamment Grace qui a beaucoup de ressemblance avec le pixie favori de Rachel). L'amour est en filigrane, mais ici le coeur de l'héroïne semble balancer entre un humain tout à fait transparent et un ange forcément angélique (quoique maladroit). Ce n'est pas assez pour donner une bonne histoire d'amour.
Je mets quand même 2 étoiles, j'ai lu des ouvrages plus catastrophiques que celui-ci, mais je suis vraiment déçue par cette nouvelle série qui n'est pas à la hauteur de ce que Kim Harrison nous montre régulièrement avec sa série Rachel Morgan (que je conseille fortement, vous l'avez compris). Si le thème du roman vous plaît, visionnez plutôt Dead Like Me, c'est dix fois mieux que ce roman.

Sophie Audouin-Mamikonian - série "Tara Duncan"

Je lis beaucoup d'ouvrages fantastiques anglo-saxons, y compris ciblés "jeunesse", et j'y trouve souvent des perles : "The Giver" de Lois Lowry, la série "Uglies" de Scott Westerfield, les "Hunger Games" de Suzanne Collins, les Darren Shan, les Percy Jackson, sans compter bien sûr les Harry Potter ou la Boussole d'Or... J'ai fini par me décider à lire ce qui se faisait, semble-t-il, de mieux, en littérature fantastique jeunesse francophone : la série Tara Duncan.








7 livres sont déjà parus, le 8ème est prévu pour septembre 2010:


- Les Sortceliers : existe en poche


- Le Livre interdit : existe en poche


- Le Sceptre maudit


- Le Dragon renégat


- Le Continent interdit


- Dans le piège de Magister : existe en poche


- L'Invasion fantôme


- à paraître: L'Impératrice maléfique


Malheureusement, comme vous pouvez le voir ci-dessus, tous les livres n'existent pas en poche. L'écrivain est passée par plusieurs maisons d'éditions (le Seuil, Flammarion, XO, etc.) et les accords pour les livres de poche n'ont pas toujours été passés. Au final cela donne une collection hétéroclite dans la bibliothèque, et surtout une collection chère (à 15€ environ le livre...).






L'héroïne principale, Tara, est élevée par sa grand-mère dans le Sud de la France. Elle découvre très tôt qu'elle n'a pas des pouvoirs ordinaires. A son adolescence, elle comprend que sa grand-mère lui cache des choses, liées à un royaume extraordinaire, situé sur une autre planète. Cela va être pour elle le début d'aventures haletantes, mêlant magie et crétures fantastiques.
Comme chez la Boussole d'Or de Philip Pullman, elle découvre un monde où chaque magicien est lié à une créature animale (une panthère, un rat, etc.). Mais contrairement à Philippe Pullman qui développe une théorie sur l'âme, ici les Familiers ne sont que des gentils amis qui cherchent à accompagner leurs maîtres durant toute leur vie (enfin, c'est comme cela que je l'ai compris).
Comme chez Harry Potter, il y a des sports de sorciers, pardon, de sortcelliers. Ici ce n'est pas du quiddich, mais du polo céleste.
Comme chez Harry Potter, Tara va se faire des amis parmi les jeunes sorceliers et va devoir apprendre, en travaillant avec eux, à vaincre les forces du mal (ici ce n'est pas Voldemort mais le Magister).
Et comme chez Harry Potter, Tara va être encadrée par un vieux savant plein de sagesse. Cette fois ce n'est pas Dumbledore mais un être avec un nom quasi imprononçable, je vous laisse le plaisir de le découvrir...
Bon, par contre, les ados français sont un peu plus dégourdis que les anglo-saxons et ils pensent beaucoup à l'amour dès le début de leur adolescence, et se posent rapidement la question fatale "coucher ou pas coucher".
Outre le fait que beaucoup d'éléments de l'intrigue sont pour moi très inspirés d'oeuvres existentes (trop, à mon goût), le défaut principal que je relève est une écriture "enfantine" si je puis dire. L'auteur a voulu se mettre dans la peau d'une ado et écrire les romans avec ses mots, mais au final, je trouve que cela gâche la lecture car cela fait un peu artificiel. Et surtout une langue soutenue ou du moins classique (cf. Harry Potter) n'a jamais je pense été une barrière pour les jeunes lecteurs, et permet au contraire de developper le public des lecteurs pour tendre vers les adultes.
Au final, j'ai passé des moments divertissants à lire la saga Tara Duncun (mention spéciale pour les tomes 1- la découverte, 4 5 - avec des coups de théâtre, 7- avec Tara qui a fait une boulette monumentale et qui montre qu'elle n'est pas une héroïne parfaite, loin de là). Cependant, j'ai eu parfois l'impression d'être dans un parc d'attractions, en me disant que je passais d'une attraction à l'autre, qui se superposaient sans vraiment donner de finalité.
Bref, c'est une bonne série de divertissement pour ados, mais les adultes je pense n'y trouveront pas leur compte. Mon commentaire est sans doute superficiel, mais la série ne m'a pas touchée et ne me donne pas envie de développer plus.

Brandon Sanderson - série "Mistborn"

Pour mon 100ème commentaire, je souhaitais commenter un livre coup de caeur, ce sera donc les trois tomes de la série « Mistborn » par Brandon Sanderson. J'ai été captivée par le premier tome « The Last Empire », j'ai passé un excellent moment avec « The Well of Ascension » et j'ai été enthousiasmée par le troisième volume, exceptionnel, « Hero of Ages ».
D'abord, l'histoire est formidable.
Contexte : L'histoire se situe dans un monde quasi apocalyptique, avec un soleil rouge et un ciel obscurci par des déluges quasi continuels de cendres. En conséquence, depuis plus de 1000 ans, les habitants se sont habitués à la végétation brune clairsemée et ne savent pas ce qu'est une fleur. Le mode de vie est de type moyen-âgeux, peuplé d'humains essentiellement.
Situation politique : Le monde entier est réuni dans un vaste empire dominé par un tyran considéré comme un dieu vivant. Il faut dire qu'il règne depuis 1000 ans et apparaît toujours avec une éternelle jeunesse. Il a organisé la société en trois classes : les nobles, dotés seuls d'un pouvoir d'allomancie, les skaas, esclaves des nobles, et les prêtres, tout puissants, au service de la religion en place, vouant un culte au tyran en place, le « Lord Ruler ». Ce seigneur a bâtit son pouvoir sur ses capacités d'allomancie surnaturelles, sur la soumission des nobles et sur sa domination sur les créatures surnaturelles de ce monde, les kandras, sortes d'espions polymorphes et quasi increvables, et les kolosses, des sortes de géants aussi terrifiants qu'incontrôlables.
L'allomancie : Quelques individus exceptionnels, tous nobles, ont le pouvoir de tirer de l'ingestion de métaux (le bronze, l'étain, le cuivre, l'or, etc.) des capacités exceptionnelles. Ils sont appelés « mistborn » s'ils ont le pouvoir de manipuler plusieurs types de métaux. Brûlant ces métaux, ils deviennent d'une agilité exceptionnelle, d'une force inhumaine, voire même ont la capacité d'influencer les pensées des autres.
C'est un roman d'apprentissage, concernant Vin, 16 ans au début, fille de prostituée, survivant dans les rues en coopérant avec des bandes de voleurs. Vin est une frêle jeune fille qui va devenir la plus formidable femme de son temps. Recrutée par Kelsier, un voleur considéré comme un héros par les skaas (c'est le seul non noble connu à être mistborn) , elle va rejoindre sa bande pour... mettre à bas le Dernier Empire, celui que le tyran en place depuis 1000 ans a mis en place ! Et ce n'est que le premier défi car au final il faudra tout bonnement combattre un dieu et sauver le monde.
Le but est ambitieux, l'histoire est épique mais facile à suivre grâce à un système de magie (l'allomancie) très rationnalisé, et la bande à Kelsier est composée de personnages savoureux, très bien décrits, qu'on a plaisir à suivre. L'écriture est efficace et fluide, avec un processus narratif efficace (quelques lignes d'un écrit mystérieux précèdent chaque épisode, et il faut attendre la fin du roman pour comprendre ce que ces lignes signifiaient). Sous couvert de divertissement, l'auteur pose aussi les bonnes questions sur le pouvoir, sur ce qui fait un leader et sur la religion. Bien sûr, on n'est pas chez Montesquieu ou Saint Augustin, mais on est aussi loin d'un simple roman de fantasy divertissant.
Le premier tome est un roman de fantasy classique, avec de la magie, des combats, quelques scènes qui n'auraient pas déparé dans une romance de type régence (les scènes de bal...), des traitrises, de l'amitié inattendue et des coups de théâtre.
Le deuxième tome consolide ce qui était bâti dans le premier tome et le troisième tome est pour moi exceptionnel : Il y a un suspense étourdissant, des rebondissements incessants. Surtout, les personnages qu'on a connus au début du premier tome ont extrêmement évolués (même ceux qui sont morts, et qui sont réévalués), par moments on a même peine à les reconnaître, et puis finalement, comme les personnages eux-mêmes qui se posent des questions identitaires, on arrive à comprendre que tous ces aspects composent ce qu'ils sont (même si pour certains c'était bien caché, je pense à Spook notamment !!!).
La conclusion de la série est assez dure, l'auteur ne fait pas de concessions, mais c'est bien celle qui convenait. Juste après avoir lu ces trois tomes (heureusement, ils sont longs, on peut donc passer beaucoup de temps avec Vin et ses amis), j'ai déjà envie de relire cette série.

Lynsay Sands - série "les Argeneau"

Les Argeneau sont une famille de vampires et les personages principaux de la série du même nom (15 tomes tout de même à l'heure actuelle).



J'ai pu lire les deux premiers tomes, j'ai laissé tomber le troisieme tome au bout d'une centaine de pages et j'ai lu le sixième tome.


1er tome: A Quick Bite- 3 étoiles, c'est mon préféré


Il raconte l'histoire d'amour entre Lissabetta, 202 ans et souffrant d'hémophobie, et Gregrory Hewitt, psychologue offert par sa mère pour qu'il la guérisse de sa phobie. C'est bourré d'énormes invraisemblances et cela fonctionne malgré ou plutôt grâce à cela. C'est assez drôle et divertissant, j'ai lu le livre sans avoir à me forcer. Lissabetta est une femme à la fois puissante ( force surhumaine) et affaiblie par sa phobie. Gregory lui apparaît complètement dépassé par la situation et la famille de tarés, n'ayons pas peur des mots, de Lissabetta. C'est rare mais c'est un livre où je me suis beaucoup plus identifiée au héros qu'à l'héroïne.


2eme tome: Love bites 2 étoiles au mieux


Celui-ci raconte l'histoire d'amour entre Etienne,400 ans environ, frère de Lissabetta, et Rachel, une employée d'une morgue pensant trouver un cadavre à disséquer et trouvant un vampire mal en point.


J'ai eu plus de mal à lire ce tome, souffrant de nombreuses répétitions par rapport au tome 1 et répondant aux mêmes mécanismes. Comme dans le tome 1, le vampire explique son origine: c'est un humain modifié scientifiquement du temps de ... l'Atlantide. Comme dans le tome 1, le vampire se rend compte qu'il n'arrive pas à lire les pensées de la jeune femme, contrairement à ce qu'il peut faire d'habitude. Il comprend donc que c'est la femme de sa vie ("life mate"), reste juste à la convaincre.
3eme tome: Single White Vampire, deux étoiles au mieux


C'est exactement le même schéma que les deux premiers tomes, avec les mêmes obstacles et les mêmes explications. C'est l'histoire d'amour entre Lucern, deuxième frère de Lissabetta, écrivain de romans portent sur les histoires d'amour vampiriques de sa famille, et son éditrice. J'ai arrêté au bout d'une centaine de pages: il n'y avait aucune nouveauté et j'ai peu apprécié la personnalité de l'héroïne, très sans-gêne...
6eme tome: Bite Me If You Can- deux étoiles au mieux


J'ai été particulièrement déçue par ce tome don't le seul bénéfice est sa brièveté (trois fois plus court que les précédents, moins de 300 pages). Il raconte l'histoire entre le plus vieux vampire au monde (plusieurs millénaires d'existence) et une humaine transformée en vampire par un dissident. C'était l'occasion de faire un tome original, or c'est complètement raté, Lucien est finalement traité comme n'importe quel vampire de plusieurs centaines d'annees, sauf qu'il s'ennuie plus...
Au final je ne conseille que la lecture du premier tome, et encore uniquement aux amatrices de romances paranormales type "bit litt".

Ursula K. Le Guin - série "Earthsea"

Pour la plupart des lecteurs et pour la critique littéraire, le cycle de Terremer (six tomes et deux préquelles) est considéré comme un chef d'oeuvre. J'ai entamé le cycle avec le premier tome, "A wizard of Earthsea" dans de bonnes dispositions mais malheureusement je n'arrive pas à partager l'enthousiasme général.
Le premier tome est bref (moins de 200 pages), soutenu par une écriture élégante mais "détachée". Ce n'est certainement pas un roman avec beaucoup d'analyses psychologiques et des personnages torturés. Les personnages principaux sont des magiciens. On voit l'évolution de Ged, le héros, qui d'éleveur de chèvres deviendra finalement le plus grand et le plus sage de tous les magiciens. Celui-ci doit faire face à des défis et commet quelques erreurs, notamment d'orgueil, avant de pouvoir devenir le grand magicien décrit. Mais ses aventures restent mesurées, il n'y a ni violence ni passion dans ce roman. Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages et à leurs tourmants, j'avais plutôt l'impression d'être en spectateur, regardant les magiciens voguer d'île en île.
En fait, j'ai trouvé que le roman portait plus sur le monde des héros, Terremer, fait d'une myriade d'îles disséminées dans un vaste océan, que sur les personnages eux-mêmes. Du coup j'ai eu l'impression de regarder des scènes, certes belles, mais dénuées d'émotion. C'est d'autant plus dommage que tous les ingrédients d'une saga épique sont pourtant là: beaucoup de magie, une école de sorciers, des dragons, de la nécromancie, etc. Mais après avoir péniblement lu ce premier tome, je ne me souviens que de magiciens voguant d'île en île sur un bateau, et ces aventures n'ont pour moi pas assez de sel pour me donner envie de continuer cette série.

Lois Lowry - "The Giver"

"The Giver" est un court roman paru dans les années 90, vendu à des millions d'exemplaires dans le monde anglo-saxon, et inscrit dans les programmes d'éducation (niveau collège je crois). Il se lit en deux ou trois heures seulement et on ne le lâche pas de bout en bout. Ne vous arrêtez pas à la couverture que je trouve assez laide!
L'histoire est celle de Jonas qui va bientôt avoir 12 ans. L'année de ses 12 ans(il ne connaît pas, pas plus que les autres, la date de sa naissance, l'anniversaire est un concept inconnu), il va participer à une cérémonie durant laquelle on lui assignera, tout comme à tous ses camarades, ce qui sera le travail de toute sa vie. Il ne sait pas ce que ce sera, le choix est considéré comme dangereux dans cette société, et ce sont les Anciens qui sont les mieux placés pour assigner une place à chacun.
Jonas jusque là pense être bien. Comme tous ses camarades, il a un père, une mère et une soeur. Toutes les familles comportent un père, une mère, un frère et une soeur. Les parents doivent déposer une demande et un jour, lors d'une cérémonie, ils reçoivent un bébé sevré et disposant déjà d'un prénom. Quelques années plus tard maximum, ils doivent recevoir un bébé du sexe opposé.
Sa vie est rythmée par les tâches que doivent remplir les enfants de son âge et par les messages venant de hauts parleurs omniprésents, diffusant par exemple :"ATTENTION. THIS IS A REMINDER TO FEMALES UNDER NINE THAT HAIR


RIBBONS ARE TO BE NEATLY TIED AT ALL TIMES". Ce message écorche souvent les oreilles de sa petite soeur, un peu remuante et qui a du mal à respecter le code vestimentaires des enfants d'en dessous de neuf ans.
Par petites touches, on s'aperçoit que si son monde a de bons côtés (la seule douleur dont il se souvient, c'est le jour où il s'est pincé à une porte...), c'est surtout un monde dictatorial et terrifiant, car non construit sur la volonté d'un tyran mais sur celle de la société elle-même qui s'est construite ainsi des siècles peut-être auparavant. Et finalement on s'aperçoit qu'on va bien au-delà de la dictature et que le principe de sécurité est allé jusqu'à la négation de ce qui fait l'être humain...

On découvre progressivement que tout est régi par des règles, dans les aspects les plus privés, par exemple concernant la gestion des peluches pour enfants, qui d'ailleurs ne s'appellent pas ainsi, ce serait donner trop de sentiments : ""... there are certain people waiting for their comfort object." dit la petite soeur. "Lily," her mother said fondly, "you're very close to being an Eight, and when you're an Eight, your comfort object will be taken away. It will be recycled to the younger children. You should be starting to go off to sleep without it." Je ne veux pas en dire plus pour vous gâcher le choc de la découverte, mais il y a des choses beaucoup plus perturbantes ou étonnantes que ce sujet.
Ce court roman est très efficace, et l'on évolue de la même manière que le jeune Jonas, une fois qu'il commence l'apprentissage de son nouveau travail pour le moins inhabituel. La conclusion s'achève sur une ambiguité que j'ai interprétée dans le sens le plus négatif (conclusion qui est déprimante, mais qui est mon interprétation), mais d'après Wikipédia, l'auteur a ensuite créé deux suites à ce roman et l'ambiguité est levée, l'interprétation positive l'emportant.

N'hésitez pas à vous plonger dans ce livre. Il est court et c'est une vraie pépite. Vous pouvez facilement le lire en anglais, le niveau est très simple.

Jacqueline Carey - série Imriel

Comme généralement, la trilogie d'Imriel, qui fait suite à la trilogie "Kushiel's legacy", est inférieure à la première. Néanmoins, on retrouve l'écriture élégante (quoique un peu ampoulée à mon goût) de l'auteur et des personnages savoureux.
La première trilogie racontait l'histoire de Phèdre, courtisane de Terre d'Ange ayant sauvé son pays de nombreux complots politiques. Cette seconde trilogie se focalise sur son fils adoptif, Imriel, fils de son ennemie jurée, Melisandre. On retrouve avec plaisir Phèdre et Josselin, bien qu'ils soient maintenant de simples personnages secondaires que l'on voit seulement en début et en fin de chaque roman. L'exception concerne le premier tome, où Phèdre et Josselin sont très présents pendant probablement un quart du roman.

Cette trilogie se veut un miroir inversé de la première. Dans Kushiel's legacy, on suivait les aventures de Phèdre, s'élevant dans la société grâce à une disposition peu commune, celle d'être la seule "anguissette" vivante dans le royaume, portant une marque écarlate la désignant comme l'élue du dieu Kushiel. Une anguissette est une personne très portée sur le SM, et plus particulièrement sur la soumission. Ici, Imriel porte dans son sang une même attraction pour le SM, mais axé sur la dominance. Une autre différence par rapport à Phèdre, c'est que lui a été marqué par des abus sexuels étant jeune et doit lutter contre les souvenirs de ces sévices, alors que Phèdre a été élevée dès son plus jeune âge pour être une courtisane, rôle considéré comme très valorisant au royaume de Terre d'Ange dont la devise, sans cesse répétée au fil des livres, est "love as you will". Enfin, Imriel doit faire face à un lourd héritage : prince de sang, troisième dans la ligne de succession, il porte sur ses épaules le fardeau de la trahison de sa mère et aspire à l'anonymat.
Bref, cette deuxième trilogie dresse un portrait inversé de celui de la première. De plus, Imriel ayant été élevé par Phèdre et par Josselin, considérés à juste titre comme des héros, il a du mal à trouver sa place. Il ne sera jamais un aussi grand guerrier que Josselin. Il ne pourra pas accomplir des faits héroïques à la hauteur de ce qu'ont enduré Phèdre et Josselin. Il ne peut pas non aspirer à du pouvoir et ne peut être qu'un prince de pacotille, vu le passé de sa mère. Cette trilogie porte donc surtout sur la construction d'un homme et comment l'acquis (l'éducation et l'amour de Phèdre et Josselin) et le libre arbitre peuvent rendre un homme meilleur.
Cette trilogie n'est pas originale mais pour qui aime les romans d'apprentissage, cela se lit plaisamment. De plus il y a une histoire d'amour sympathique et presque impossible entre Imriel et l'élue de son coeur, qui donne un peu de rythme à l'histoire. Il y a aussi une touche de magie et de fantastique dont la première trilogie était presque entièrement dépourvue. Néanmoins, il y a aussi beaucoup de remplissage de pages (notamment les aventures à l'université de Tiberium, copié-collé d'un mode de vie antique) qui font que je ne conseille cette suite qu'aux fans de Phèdre, qui veulent voir ce que leur héroÏne est devenue. Ne vous inquiétez pas, elle est heureuse et a trouvé un équilibre...

Lynn Flewelling - série "Nightrunners"

La série "Nightrunners" se passe 600 ans après les aventures de Tobin du même auteur, mais cette série a été écrite avant. Et malheureusement, le premier tome de la série souffre de la comparaison par rapport à Tobin, à tel point que je ne vais pas aller plus loin.
Bien sûr, cela fait plaisir de voir ce qui a été érigé par Tobin et de revoir son monde, mais a contrario il n'y a plus d'effet de surprise. De plus, les enjeux sont moindres. Chez Tobin, on parlait de conquérir un Etat et d'établir une ère nouvelle. Ici les deux héros sont des espions des magiciens (des "Watchers") que l'on suit dans leurs aventures rocambolesques. La psychologie des caractères est aussi moins fouillée et bien que l'histoire entre Alec et Seregil soit intéressante, voire "mignonne", je n'ai pas retrouvé les affres de l'histoire de Tobin.
Bref, je n'ai pas cessé durant cette lecture de comparer les deux séries du même auteur. Il est clair que la série "Nightrunners" porte en elle tous les éléments qui ont faits de Tobin une très bonne série de fantasy, mais "Nightrunners" n'est finalement qu'un brouillon de Tobin, à lire seulement par les fans de l'auteur.

Lynda Hilburn - "The Vampire Shrink"

Ayant eu une forte charge de travail ces derniers temps j'ai souhaité me divertir avec un livre léger, et j'ai opté pour un livre de bit-lit qui fait parti des meilleures ventes d'Amazon.com. Or, qu'est-ce que j'ai été déçue!!!
L'histoire ne paraissait pas si mal que cela pourtant: une psy, très rationnelle, voit un jour arriver à son cabinet une patiente qui dit vouloir devenir vampire. La psy, Kismet Knight, pense que c'est un désordre de la personnalité. Après tout, elle a bien un autre patient qui se prend pour Mr.Spock... La patiente va parler de sa psy à d'autres personnes de son cercle et bientôt Kismet devient la psy des vampires (de certains qui veulent le devenir et de certains qui affirment en être). C'est ainsi qu'elle va rencontrer un beau vampire, puissant, magnétique, et tout et tout, et ce qui devait arriver arrive, sur fond d'enquête policière portant sur des meurtres de personnes vidées de leur sang.
Malheureusement, l'histoire ne prend pas et je me suis ennuyée tout au long du récit.
Fait le plus grave, l'auteur n'a pas d'humour. Or, c'est quasi rédhibitoire pour de la bit-lit (les exceptions étant un excès de romantisme à la Stephanie Meyers, mais là on ne verse pas dans la sublimation de la relation, loin de là...), et j'ai compté les remarques spirituelles qui faisaient mouche sur les doigts d'une main.
L'histoire enfile les clichés les plus éculés de la littérature de ce genre. En voici quelques uns:
- l'héroïne est belle, grande, très mince, et dotée d'une très grosse poitrine. Le héros est beau, grand, puissant, chef de son clan, riche et doté d'un très gros pénis.
- L'héroïne veut garder le contrôle sur sa vie, mais c'est aussi un être vulnérable. Non, elle n'a pas de penguin en peluche comme Anita Blake à ses débuts, non elle n'a pas de petites culottes avec des motifs gnangnans comme Kate Daniels, mais elle a des chaussons en forme de cochons en peluche.
- Par ailleurs, comme par hasard, elle n'a pas eu de relations amoureuses depuis plusieurs années, et soudain, incroyable, elle est prête à sauter dans le lit de trois mecs différents et ne sait pas lequel choisir
- La rencontre entre le héros et l'héroïne était prophétisée depuis longtemps, cela fait 800 ans que le vampire peint des portraits de sa belle.
L'écrivain a voulu innover dans la description des pouvoirs des vampires, mais je trouve que c'est un ratage complet. Ici les vampires peuvent se télétransporter n'importe où, comme dans Star Trek (sans la machine) et même peuvent voyager dans des dimensions parallèles. Je trouve qu'aborder en moins de 400 pages une histoire d'amour, une histoire de vampires, une histoire policière, le tout soupoudré de théories basées sur la psychanalyse et de confrontations entre le pouvoir de la science connue vs. celui des vampires, c'est déjà beaucoup. Rajouter des traversées dans d'autres dimensions rend l'histoire indigeste.
Je ne vous conseille pas du tout ce livre, et je pense que chez Harlequin ils doivent même faire mieux... Si vous voulez de la vraie bonne bit-lit, lisez plutôt "How to marry a millionaire vampire" ou "Jessica's guide to dating on the dark side".

Lynn Flewelling - série "le Royaume de Tobin"

J'ai lu avec beaucoup de plaisir la trilogie de Tamir (trois tomes en anglais, découpés en six tomes en français, grr).
Derrière une histoire ultra-classique de fantasy (une prophétie, un roi félon, un fils faible, des magiciens, un héros qui va devoir conquérir son trône) se cache un beau récit sur la quête d'identité, sexuelle en particulier.
A la naissance, des jumeaux, une fille et un garçon, ont été séparés. Le garçon est mort et la fille a pris son identité grâce à un sort. Le but était de la protéger d'un roi qui tue toutes les filles de la lignée royale, afin de combattre la prophétie demandant une reine sur le trône du royaume, et non un roi.
Pendant des années le jeune Tobin vit sans savoir qu'il est en fait une fille. Il reçoit une éducation classique de jeune noble, et à part un épisode où il veut une poupée pour son anniversaire, demande qui suscite un tollé auprès de son père, il se comporte en garçon très mâle, attiré par les combats et les amitiés viriles. A l'adolescence cependant les ennuis commencent vraiment, avec un désintérêt certain pour les filles et un trouble envers les garçons.
La prise de conscience de sa vraie identité, avec les phases de refus et l'acceptation progressive, doublée d'une histoire d'amour difficile à mener, constitue la vraie originalité de ce récit progressiste où une femme peut être général dans l'armée et où les relations homosexuelles sont courantes (bien que non affichées en public).
Autre jolie trouvaille: le parallèle entre la chasse aux sorciers, qui doivent s'enregistrer et circuler avec une plaque sur leurs tuniques, et la persécution des juifs durant la seconde guerre mondiale.
Cependant, j'ai trouvé que l'histoire était longue, souvent trop longue. Et autant les moments d'intimité sont réussis (notamment quand Tobin est jeune on a parfois l'impression de se trouver au milieu d'un film tel Les Autres d'Amenabar), autant les scènes de combat semblent être des passages obligés qui m'ont assoupis. La série parlant plus au final de l'intime que du politique (même si le but ultime est bien d'établir une nouvelle ère), j'ai aussi eu du mal à compatir à la population souffrant de la peste, des famines etc... alors que j'ai eu beaucoup d'empathie envers les affres de Tobbin, de ses amis et des magiciens qui l'ont aidé.

Patrick Rothfuss - série "The Name of the Wind"

« The Name of the Wind » de Patrick Rothfuss est le premier tome d'une série prévue sur trois volumes. Ce premier tome a été publié en 2007 et l'auteur prend son temps. Le deuxième tome 'est prévu que pour fin 2011 hélas!

 
J'ai découvert ce livre grâce à la critique élogieuse d'un autre amazonaute et je suis aussi sous le charme. Ce n'est pas aussi grandiose et dramatique que le Trône de Fer, mais je trouve que ce tome n'a pas à rougir à côté de la Belgariade d'Eddings ou de l'Assassin Royal de Robbin Hobbs.



L'histoire est basée sur un processus narratif intéressant. C'est une mise en abyme concernant un aubergiste qui raconte son passé à un conteur itinérant, le tout entrecoupé d'anecdotes déformées narrées par ce que les autres hôtes de l aubergiste pensent connaître de sa vie (sans savoir que l'aubergiste et le héros de l'histoire ne font qu'un). J espère que vous me suivez :-). L'écrivain utilise ce processus pour expliquer comment un mythe se bâtit et quel peut être le pouvoir d'un récit et de l'écrivain.

 
L'histoire en elle-même est simple, c'est le récit d'apprentissage d'un jeune garçon doté de facultés intellectuelles incroyables, d'une bonne dose de culot et d'un sens aigu de la communication, mais qui n'a pas été épargné par la vie. Il va chercher à intégrer une université lui permettant d'accéder au savoir auquel il aspire (pour se venger), université spécialisée dans la magie, notamment par l'étude du pouvoir des noms.

 
On peut penser que cela va être un énième récit à la Harry Potter, mais cela n'a pas grand-chose à voir. Ici le roman est clairement à destination des adultes et la période de formation à l'université n'est qu'une étape permettant de transformer un jeune garçon pauvre et brisé par la vie en un mythe vivant détesté par de nombreuses personnes (ne pas oublier que le titre de la série est « Kingkiller »). Le héros lui-même est loin d être parfait. Il est doté d'un égo immense et est bouffi d'orgueil . Loin d'être naïf, il réfléchit toujours à la meilleure manière de présenter aux autres personnes ce qui lui est arrivé. Il en arrive à manipuler les apparences pour donner de lui-même l'image d un être invulnérable. En fait, dès 15 ans, il a commencé à bâtir son propre mythe et se laisse mener par le bout du nez par l élue de son cœur

 
Le premier chapitre est en lui-même un petit bijou, avec le héros Kvothe, disséquant les noms qu'on lui a attribué au fil des aventures : « My first mentor called me E'lir because I was clever and I knew it. My first real lover called me Dulator because she liked the sound of it. I have been called Shadicar, Lightfinger, and Six'String. I have been called Kvothe the Bloodless, Kvothe the Arcane, and Kvothe Kingkiller. I have earned those names. Bought and paid for them." Même avec du recul et l'amertume qui semble l'avoir gagné en pensant aux sacrifices qu'il a dû faire, Kvothe continue de se délecter du nombre de noms (et ici je n'en donne qu'un court extrait) dont il a été affublé dans sa courte vie.


L'écriture est élégante, l'histoire est réfléchie et intelligente, le processus de narration rafraîchissant, et le héros est passionnant avec ses forces et ses faiblesses. Pour le moment on ne voit pas grand-chose du monde auquel il appartient mais le peu dévoilé donne envie d'en savoir plus. On sait juste qu'il y a des nobles, des pauvres, des mercenaires, des démons, des créatures mythiques, le tout dans une ambiance plutôt moyen-âgeuse.

 
La seule chose peut être qui pourrait être améliorée concerne les personnages secondaires. L'ego de Kvothe étant énorme, et le récit se faisant à la première personne, on a beaucoup plus droit à des « moi je » qu'à des descriptions longues et détaillées sur ses amis et ses ennemis. La seule exception concerne certains personnages féminins.

 
C'est un livre que tous les amateurs de fantasy apprécieront probablement et que les néophytes du genre peuvent aussi lire, les aspects de fantasy étant finalement secondaires derrière le processus d'écriture et la personnalité du héros.

Kristin Cashore - Graceling

Graceling est une histoire d'heroic fantasy sympathique, plutôt à destination d'un public adolescent.
On y découvre ni magiciens, ni créatures extraordinaires, mais des gens qui a la naissance, ou parfois plus tard, sont touchés par la Grâce. La Grâce les dotent d'yeux vairons, et au fil de leur vie ils découvrent en quoi ils sont doués. Cela peut aller du futile (grimper aux arbres, chanter...) au plus utile pour le pouvoir politique, comme le pouvoir de combattre.
Les rois des 7 royaumes cherchent donc à détecter tous les enfants aux yeux vairons, et en fonction de l'utilité de leur dons, ils sont soient amenés au service des rois, soient renvoyés dans leurs familles. Dans la plupart des royaumes, aucun des cas n'est bon à prendre. Les gens "ordinaires" n'osent pas croiser leurs regards et ceux touchés par la Grâce sont soient traités comme des pestiférés, soient craints. Quant au pouvoir politique, il se sert d'eux comme d'instruments.
L'héroïne de l'histoire, Katsa, a un don unique, elle a le pouvoir de Tuer. Dans les faits elle est invincible sur un champ de combat et à 18 ans est devenue le bourreau du roi. Sans parents, sans famille, sauf le roi (qui est son oncle), elle se soumet à son autorité, même si par un acte de rébellion elle commence aussi à mettre en place un Conseil parallèle pour aider les gens dans les situations les plus désespérées, et cela à l'insue du roi.
Malheureusement, si Katsa sait comment se comporter sur un champ de bataille, elle est beaucoup plus maladroite dans un environnement plus social et a dû mal à bâtir des interactions sociales. Elle est isolée, crainte de la population, et doute d'elle-même. Bref, Katsa est une belle métaphore de l'adolescence, quand on se sent tout puissant mais qu'on doute sans cesse de soi.
Au cours d'une de ses missions secrètes pour le Conseil, Katsa va rencontrer un beau Prince qui pour une fois ne la craindra pas et même qui se mesurera à elle dans un combat où il ne sortira pas déshonoré. C'est avec lui qu'elle tentera la mission la plus risquée de sa carrière...
L'histoire est courte, se lit bien, et l'idée de base avec des gens dotés de pouvoirs exceptionnels est bien trouvée. L'héroîne, toujours sur le fil entre la guerrière invincible et l'ado qui doute d'elle-même, est aussi très attachante. Quand au beau Prince Po, il est tout ce qu'on peut rêver. L'histoire manque sans doute un peu d'ambition et d'ampleur, mais après tout c'est une histoire destinée à un public adolescent et à ce titre, elle remplit bien son office.

Jennifer Fallon - série "Second Sons"

La série « Second Sons » de Jennifer Fallon comporte trois tomes : the Lion of Senet, The Eye of the Labyrinth et Lord of the Shadows. J'ai dévoré les trois tomes en une semaine. Un amazonaute disait qu'on était happé par l'histoire dès la première page, moi j'ai dû attendre le 7ème chapitre, mais après il m'était difficile d'arrêter la lecture.


L'histoire se passe dans un monde imaginaire, où il n'y a ni magie, ni créatures mythiques...La seule étrangeté, mais qui a un rôle prédominant, est la présence de deux soleils dans le ciel.


L'auteur se concentre sur deux royaumes, le grand royaume de Senet et le petit royaume de Dahyn, ainsi que sur le culte religieux établi, l'Ordre du Soleil, avec deux « sous divisions », les Danseurs du Soleil et les Danseurs de l'Ombre.


Lors d'une éclipse des soleils qui dura dix ans, Dahyn appela Senet à son secours pour l'aider à combattre la famine. Senet en profita pour annexer Dahyn, avec l'aide de la grande prêtresse d'une sous division émergente de l'Ordre du Soleil, les Danseurs de l'Ombre. Cette grande prêtresse prédit quand l'éclipse s'arrêterait, et la prédiction se réalisa. Cela eu pour effet de soumettre les populations au joung des Danseurs de l'Ombre, associés au Lion de Senet, le roi tout puissant et craint à la tête de l'Etat de Senet. Le roi de Dahyn dû s'enfuir et sa soeur devint la nouvelle souveraine, mais sans pouvoirs réels, soumise au Lion de Senet. La population locale eu d'autant plus de mal à accepter le nouvel ordre politique que le culte des Danseurs de l'Ombre devint incontournable, culte barbare qui demande des sacrifices humains une fois par an ainsi que des orgies collectives à la même occasion, impliquant tous les hommes et femmes non mariés.


L'histoire se concentre sur les faits et les rivalités de plusieurs deuxièmes fils, d'où le titre de la série. Le héros, Dyrk, est le deuxième fils d'un petit duc provincial. Dans leur duché, sur ordre de la femme du duc, le culte des Danseurs de l'Ombre ne s'est guère implanté et Dyrk a été élevé dans des valeurs rappelant le Siècle des Lumières. Dyrk ne rêve pas de pouvoir, il cherche simplement à devenir médecin. Il est doté d'une intelligence sans égale (ou presque) et d'un sens politique exceptionnel, qui l'amèneront à construire des intrigues politiques où il apparaîtra comme le pire homme qui soit, afin d'arriver à son but premier. Un jour arrive le roi, accompagné de la grande prêtresse des Danseurs de l'Ombre (qui est aussi sa maîtresse) et de ses deux fils, Misha le fils aîné, qui est un peu handicapé et très souvent malade, et de Kirch, le portrait frappant de son père. Le roi et la grande prêtresse, pour des motifs différents, vont tout se suite être intéressés par Dyrk...


L'histoire, bien qu'essentiellement construite sur des intrigues politiques, est aussi rythmée par quelques intrigues sentimentales avec Tia Veron, dotée d'un caractère emporté, et Marquel, qui débute dans l'histoire comme étant prostituée et acrobate et qui rêve à un destin bien plus important.


Comme le disent déjà tous les autres commentaires, cette série est excellente bien sûr par son écriture simple et fluide, par la psychologie de ses personnages (rappelant un peu la plume de Robbin Hobb), mais aussi par ses retournements de situation constants (qui aurait pu imaginer comment évolueraient Dyrk, Misha ou encore Marquel ?) et surtout par le parti pris de Dyrk. Dyrk comprend que ce n'est pas en jouant ouvertement ses cartes qu'il gagnera, il décide donc de combattre l'ennemi en l'infiltrant de l'intérieur et en faisant exprès de trahir tous ses amis. Il doit donc renoncer à tout amour propre, à tout amour tout court, et se retrouve seul à jouer un jeu dangereux, alors qu'il n'a même pas vingt ans. J'apprécie particulièrement l'ironie de l'auteur qui dans le dernier tome place Dyrk dans une position ubuesque et qui créée des couples assez inattendus (on aurait plutôt imaginé l'inverse que ce qui se produit !). Le seul petit bémol, déjà évoqué dans d'autres commentaires, est la psychologie un peu trop sommaire hélas utilisée pour deux personnages féminins, Tia et Marquel. Les deux ont des personnalités très monochromes qui peuvent lasser le lecteur.

Suzanne Collins - série "Hunger Games"

Hunger Games est une trilogie écrite par Suzanne Collins, dont le dernier tome est prévu pour le 24 août 2010. Les deux premiers tomes sont restés pendant des semaines en tête des ventes du rapport du New York Times. L'histoire est très simple, à la croisée entre « Marche ou Crève » de Stephen King et la série « Pretties » de Scott Westerfeld. Mais même si l'histoire est simple, la lecture est vraiment addictive, j'ai lu les deux tomes déjà parus d'une traite chacun.
La série se passe dans l'ancienne Amérique du Nord, des siècles après ce que nous connaissons. Les habitants sont sous le joug d'une dictature, plus ou moins dure selon leurs districts d'appartenance. A l'origine, 13 districts existaient, mais 75 ans auparavant le 13 ème district a été détruit. Il en reste donc 12, chacun spécialisé dans un domaine : l'agriculture, les mines de charbon, l'électronique, les produits de la mer, etc.
Katniss, l'héroïne, appartient au petit district 12, spécialisé dans les mines de charbon. Dans son district, tous les hommes valides doivent travailler, à partir de leurs 18 ans, dans les mines 12 heures par jour, au moins 6 jours sur 7. La famine menace chaque jour les habitants, et les voyages entre districts qui pourraient peut-être aider à améliorer le commerce sont interdits par le Capitole, l'entité qui contrôle Panem, l'Etat qui compose les districts existants en Amérique du Nord.
Katniss a 16 ans et est à la tête de sa famille, composée de sa mère dépressive et de sa petite saeur. Pour aider les membres de sa famille, elle se livre à du braconnage, au-delà des limites autorisées par le district 12. Elle est aidée en cela par son meilleur ami Gale, qui a 18 ans. Son quotidien est dur mais elle a finalement trouvé son équilibre quand celui-ci est détruit avec l'arrivée des Jeux annuels.
Tous les ans, tous les ados entre 12 ans et 18 ans doivent déposer leur nom dans une urne et deux personnes, un garçon et une fille, sont sélectionnés par district pour participer aux Hunger Games. Malheureusement la petite saeur de Katniss est sélectionnée et Katniss n'a d'autre choix que de se proposer pour la remplacer.
Ces jeux sont éminemment craints par la plupart des districts : on enferme 24 candidats (donc 2 par district) dans une énorme cloche et le but du jeu est de survivre (trouver de la nourriture, déjouer les pièges mortels de la production) et surtout de tuer les autres candidats. Le jeu se termine quand tous les candidats sont tués, sauf le dernier. La seule règle non écrite est l'interdiction du cannibalisme. Tous les événements sont diffusés à la télévision, et ces jeux apparaissent comme une terrible télé-réalité. Katniss, entrant en contact avec le Capitole et les autres candidats va comprendre que son monde ne se résume pas à son district et va découvrir au fil du temps des informations dérangeantes.
L'histoire est donc assez simple mais l'écriture est fluide, l'histoire est très rythmée (à la manière de ce qu'un spectateur de télé réalité souhaiterait) et les personnages très réussis, du stoïque Gale au presque trop parfait Peetha, en passant par l'émouvante Rue. Et surtout, on s'identifie parfaitement à l'héroîne et on suit son parcours héroïque avec admiration. De plus, il y a une petite touche de romance bienvenue, avec Katniss qui commence à se demander si Gale ne pourrait pas être plus que son meilleur ami, et qui hésite aussi avec Peetha, qui la regarde avec des yeux de Chimène.
Le deuxième tome, « Catching Fire », est un peu en dessous car nous connaissons déjà les personnages et le déroulement des jeux. Et surtout dans ce tome Katniss est moins une héroïne qu'une marionnette. Au final le deuxième tome ouvre juste plus les événements sur le plan politique pour préparer le dernier tome. Mais cela fait quand même très plaisir de la retrouver, elle et ses amis, et de voir aussi son évolution, de l'adolescente à la femme, de voir l'émergence de sa conscience politique...
Je conseille vivement cette série aussi bien aux ados qu'aux adultes qui chercheraient une série d'anticipation divertissante et facile à lire. Je ne mets que 4 étoiles car dans le même genre "Pretties" a plus de substance et de créativité.

Lauren K. Hamilton - Série Anita Blake 3/3 ("Bullet")

J'avais détesté "Flirt", le précédent Anita Blake, heureusement celui-ci est un peu mieux, aussi bien au niveau de l'écriture que de l'intrigue. Néanmoins, on ne fait que passer du catastrophique au médiocre...

 
Anita Blake, c'est la tueuse de vampires qui est à l'origine du développement de la bit lit dans les années 90. Malheureusement, plus les tomes s'accumulent, moins c'est intéressant. Dans les premiers tomes Anita cherchait à lutter contre des méchants tout en hésitant sur le plan amoureux entre le mystérieux vampire Jean-Claude et le sérieux et attentif loup-garou Richard. Puis l'auteur a changé l'orientation de ses livres et Anita est devenue une succube se nourrissant de sexe en entretenant un harem d'une bonne demi-douzaine d'hommes réguliers et d'autant d'intermittants.

 
Là, on franchit une étape supplémentaire. L'un des membres de son harem, frustré de ne pas avancer dans sa relation avec un autre, pose un ultimatum. Cela donne lieu à des pages et des pages de débat sur le sexe en groupe, la sodomie, etc. Au deuxième degré c'est assez drôle.

 
Ce 19ème tome s'attache surtout à démonter un des derniers tabous sexuels et amoureux d'Anita, elle qui jusque là profitait de son harem mais exigeait de certains une stricte monogamie, ce qui était assez incompréhensible. Mais à part cela, l'intrigue n'avance que peu. La méchante ultime, Marmee Noire, refait une apparition surprise, ce qui est l'occasion de pousser un peu plus ce qu'on envisageait déjà depuis longtemps, un rassemblement de tous les vampires américains sous la domination de Jean-Claude. Mais Rome ne s'est pas faite en un jour, et pour gagner du pouvoir et de la crédibilité face aux autres Maîtres Vampires, Jean-Claude et Anita doivent conquérir une race de "shapeshifters" qu'ils ne dominent pas encore : les tigres.

 
L'intrigue amoureuse, avec la crise existentielle d'un des amants d'Anita, et l'intrigue politique avec des manoeuvres préparatoires pour prendre le pouvoir en Amérique du Nord, sont, comme d'habitude maintenant chez Lauren K. Hamilton, le prétexte aussi à des scènes d'orgie. Je ne peux même plus compter le nombre d'amants d'Anita tellement il y en a. Mais au moins, les scènes sont maintenant quand même un peu moins fréquentes et un peu plus courtes.

 
Je ne vais pas continuer à lire les prochains Anita Blake, je suis maintenant beaucoup trop déçue par l'orientation prise par l'auteur: peu d'intrigue politique, plus de connexion avec le monde normal des humains (Anita passant son temps avec les vampires et les shapeshifters) et du sexe pour le sexe qui se substitue à la romance.

Lev Grossman - The Magicians

C'est en suivant les commentaires de lecture d'une autre amazonaute que j'ai découvert "The Magicians". Et j'ai été bluffée.
L'histoire est composée de quatre parties. La première ressemble à du Harry Potter avec un ado (17 ans), brillant intellectuellement mais mal dans sa peau, isolé, amoureux éconduit de sa meilleure amie qui ne sait ni qui il est ni où il va. Tout d'un coup son monde et ses certitudes basculent. Il découvre un monde rempli de magie et se retrouve à vouloir intégrer la seule école de magie américaine existante (ultra sélective hein, ils ne prennent que 20 candidats par an).
Quentin va devoir étudier pendant cinq ans dans cette école, loin de ses amis et de ses repères habituels. Il se retrouve dans un magnifique campus universitaire où tout semble tourner autour de la compétition intellectuelle, bref cela rappelera forcément aux initiés leurs années de classe prépa... Cette deuxième partie m'a beaucoup fait penser à "The Secret History" de Donna Tart ("Le maître des illusions" en français).
Ce qu'on devinait depuis un certain temps devient de plus en plus prégnant, et on quitte un monde idéal de magie et d'émulation intellectuelle pour un univers d'ennui qui ne se rompt que grâce à l'alcool, aux fêtes sans fin et à toute heure et aux coucheries (voire aux orgies) répétitives. La quête d'idéal de Quentin et de ses amis se fracasse au quotidien de la réalité, à la manière de ce qui est décrit dans Revolutionnary Road. Et l'univers d'un jeune qui a tout mais ne trouve rien, promène son ennui dans un monde luxueux et bousille son existence fait bien sûr penser aux personnages de Bret Easton Ellis.
Paradoxalement, alors même qu'on assiste à une décomposition de l'univers et des rêves de Quentin, on voit de manière de plus en plus directe une mise en abyme avec des récits imaginaires de gamins se promenant dans des mondes fantastiques à la Narnia, récits qui ont bercé toute l'enfance de Quentin. C'est que ce récit est moins une histoire divertissante sur un magicien en devenir qu'un roman initiatique montrant l'évolution douloureuse de l'adolescence vers l'âge adulte, évolution qui ne peut se faire que quand on est en paix avec ses aspirations originelles développées dans l'enfance.
Je multiplie les références faciles, car la lecture des Magicians s'y prête. L'auteur est très cultivé, ce qui donne un charme supplémentaire à l'ouvrage (malheureusement j'ai l'impression que beaucoup d'auteurs de fantasy anglo-saxonne n'ont pas lu grand chose avant...). L'histoire est belle, bien écrite (quoique stylistiquement, j'ai préféré dans le même genre Susanna Clarke) et ne s'adresse absolument pas à des enfants ou même à des ados. C'est un monde dur, cru, qui ne laisse rien passer aux héros qui d'ailleurs n'en sont pas. Ce livre n'est hélas pas encore traduit en français, j'espère qu'il le sera rapidement il le mérite vraiment (quand je pense aux navets qui à côté de cela sont traduits quasi immédiatement en français...).
PS: Ceci dit, bien que ce soit une réussite, je trouve ce récit inférieur à Jonathan Strange & Mr Norrell, ne serait-ce que par la moindre inventivité et parce que Jonathan Strange m'a fait pleurer alors que Quentin n'est qu'un personnage prodigieusement tête à claques (c'est son personnage qui veut cela, mais bon...).

Ilona Andrews - série Kate Daniels 2 ("Magic Bleeds")

Magic Bleeds est le 5ème tome des aventures de Kate Daniels, une jeune et jolie héroïne guerrière à la Anita Blake, évoluant dans un monde contemporain rempli de magie.
Kate, bien qu'officiellement non chevalier, fait partie de l'Order of the Merciful Aid, les forces de l'ordre encadrant le monde magique. Pour la plupart des gens la cotoyant, c'est une simple gurrière impulsive ayant démontré un talent certain dans le maniement du sabre. Mais un tout petit nombre de gens savent qui elle est réellement, une personne d'une puissance magique quasi incomparable, dûe aux gènes transmis par son père.

Sur le plan sentimental, elle se rapprochait depuis plusieurs tomes du Seigneur des Bêtes (les shapeshifters), Curran. Mais leurs relations n'avancent que très lentement, pour le plus grand plaisir des lecteurs. En effet, les deux sont sanguins et ont parfois une fierté telle qu'elle les empêche de communiquer. Venant de plus de mondes avec des coutumes différentes (les humains et les shapeshifters), les malentendus sont nombreux. Les phases de séduction et les disputes entre les deux amoureux sont pour moi ce que Ilona Andrews réussit le mieux, chaque épisode est drôle et inattendu. D'ailleurs, jusqu'à ce que Curran apparaisse, je m'ennuyais à la lecture de ce tome :-)
On retrouve dans ce tome tous les personnages des tomes précédents, de Ghastek le maître local des vampires (que j'aimerai bien voir plus souvent intervenir dans l'histoire) à Saiman, une créature dotée de la possibilité de changer de physique à volonté et obsédée par l'idée de séduire Kate, sans succès.
L'histoire cette fois est de sauver les créatures magiques, qui semblent attaquées sans discernement (sauf les femmes, qui sont épargnées) par des épidémies et des attaques surprises, sans que l'on puisse connaître l'aggresseur.
L'intrigue est un peu mieux réussie que dans le tome précédent (où cela se résumait à des jeux du cirque), mais malgré l'apparition d'une personne de la famille de Kate et malgré une mystérieuse personne intervenant aux moments les plus critiques pour sauver Kate, l'intrigue n'est finalement pas si accrocheuse que cela. J'attends depuis plusieurs tomes le vrai conflit , un affrontement entre Kate et son père...
Néanmoins, malgré la mollesse de l'intrigue (même si paradoxalement, les combats se succèdent!), je conseille ce tome aux fans de la série, c'est dans ce tome que les choses deviennent plus claires et plus officielles entre Kate et Curran. Je n'en dirais pas plus ;-)

Anne Bishop - série "la Trilogie des Joyaux"

J'ai dévoré la trilogie des Joyaux d'Anne Bishop en un weekend. L'histoire est ambitieuse. L'auteur décrit un ensemble de royaumes « visibles » et leurs interactions avec des royaumes mythiques (où l'on croise des araignées tisseuses de rêves, des licornes, des chats guerriers...) et même... l'Enfer, géré par Saetan depuis 50000 ans.
Les royaumes « visibles » sont gérés par un système politique de matriarcat, ce qui renverse tout de suite un certain nombre d'actions « attendues » en heroic fantasy. L'aristocratie est constituée de personnes faisant parti du « Sang », les dotant à leur naissance puis à leur passage à l'âge adulte de Joyaux leur permettant de faire de la magie. Plus le ou les joyaux sont sombres, plus la magie est puissante. Les sorcières dotées des joyaux les plus sombres deviennent généralement Reines d'un territoire, ayant tous les droits sur leur population. Elles s'entourent d'une Cour d'aristocrates dotés de pouvoirs magiques forts, notamment les mâles, qui doivent aider et servir, quitte à devenir des esclaves sexuels, comme le personnage principal de la trilogie, Deamon Sadi.
Deamon Sadi est né des milliers d'années auparavant et était esclave sexuel pour la sorcière Dorothea SaDiablo depuis des centaines d'années. Bien que doté du joyau le plus sombre existant dans les royaumes visibles, le Noir (c'est le seul être des royaumes visibles à en porter un...), il a pu être réduit en esclavage grâce à un Anneau d'Obéissance attaché à son sexe (comme pour tous les mâles) et contrôlé par les sorcières, susceptibles de le torturer jusqu'à la mort avec cet anneau.
Un jour, Deamon rencontre une fillette qui apparaît devant lui, venant de nulle part. Et il reconnaît tout de suite qui elle est, le « Rêve devenu Chair », la « Sorcière » ultime et mythique attendue depuis des dizaines de milliers d'années. Lui, maître en manipulations et en cruauté, va tomber amoureux de Jaenelle et fera tout pour la protéger et l'aider.
L'histoire des Joyaux est l'histoire de Jeanelle, vouée à devenue la « Sorcière », à travers son éducation avec Saetan, maître de l'Enfer et avec toutes sortes de créatures fantastiques. C'est aussi une histoire d'amour avec Deamon Sadi toujours à la recherche de l'amour de sa vie, et prêt à se sacrifier à tout moment pour elle. C'est aussi une histoire sur la famille, sur sa définition et sur les choix à faire quand la famille génétique s'avère abjecte. C'est enfin une histoire de rivalités politiques et d'intrigues haletantes (on parle du contrôle du monde, pas moins), se faisant à coups d'empoisonnement, de séduction, de guerre...
Les personnages sont très réussis. Jeanelle en tant qu'enfant et adolescente conserve certains traits de personnalité de son âge combinés à une noirceur et à savoir sans âge faisant frissonner de peur presque tous les personnages la rencontrant, y compris Seatan. Deamon Sadi, bien que surnommé le « Sadique » est aussi un homme brisé et qui fondera comme un marshmallow devant Jeannelle. Seatan, Grand Maître de l'Enfer, est un personnage très attachant, déclenchant parfois des scènes de franche drôlerie. Un des personnages secondaires les plus réussis est sans conteste la Reine Alexandra, classée du côté des « méchants », mais je n'en dirais pas plus. Je ne parlerais pas non plus de tous les autres personnages, ils sont nombreux mais grâce au système de caste créé par les Joyaux, on arrive assez vite à s'y retrouver.
Bref, la trilogie des Joyaux est très divertissante, l'histoire est originale et l'action est haletante. Cela fait un certain temps qu'une série ne m'a pas tenue autant en haleine et j'ai déjà envie de relire les trois tomes (surtout le premier et le troisième, le deuxième est plus lent et constitue surtout une phase d'attente et de préparation par rapport au dernier tome).
Malheureusement, l'auteur, surfant sur le succès de cette trilogie et répondant aux besoins de ses fans, a aussi écrit des suites, ainsi qu'une aventure avant la naissance de Jeannelle (au sujet de la Dame Grise évoquée dans le dernier tome) et une autre éclairant certains événements arrivés dans le deuxième tome. J'ai trouvé le « prequel » inintéressant, avec une histoire et des personnages fades. Quant au livre détaillant des zones d'ombre du deuxième tome (notamment sur le mariage d'un personnage secondaire), il n'était pas nécessaire et n'est à réserver qu'à des fans. Le tome " Tangled Webs" est aussi uniquement à destination des fans, il montre ce que deviennent ceux qui ont survécu après le 3ème tome des Joyaux. D'un côté je suis heureuse de savoir ce que les personnages sont devenus (pas de surprises), d'un autre côté je trouve que c'est un livre qui décrédibilise tout le travail de l'écrivain, avec une histoire basée sur... la Reine qui bâtit une maison hantée à des buts de divertissement !

Fiona McIntosh - série "le Dernier Souffle"

Le "Dernier Souffle" est une série de trois tomes par Fiona McIntosh que j'ai ouverte avec réticence (certaines personnes m'avaient dit que c'était de la fantasy gnangnante et exaspérante) et fermée avec regret, après avoir passé des moments trépidants, joyeux, guerriers, mélancoliques etc.
Bref, c'est une très bonne série de fantasy, très facile à lire et très émouvante. Ce n'est pas si gnangnan que cela : il y a des meurtres, des décapitations, des crucifixions, des viols en réunion et j'en passe. Il y a aussi de l'amour, de la haine, de la jalousie, de la trahison et beaucoup d'événements qui font qu'on ne voit pas le temps passer.
L'histoire se passe dans un monde séparé en trois pays. Le premier pays est montagneux et peu accueillant avec un roi rugueux, brutal et ambitieux. Le second est grand et riche, avec un bon roi, Marcus, qui malheureusement a le pire fils qui soit et qui rêverait que Wil, le fils de son meilleur ami, général de sa légion, soit son fils légitime. Le dernier pays est un petit pays pacifiste et calme avec un roi doté d'une fille d'une beauté et d'une personalité peu banales.
Le héros, Wil, doit composer avec le fils détestable (mais si beau) du roi, d'autant que la santé du roi est menacée. Sa fidélité envers son pays étant plus forte que tout, il se doit de faire allégiance à ce prince, pour le pire et pour la mort.
Mais grâce à son bonté et à l'intervention d'une sorcière, Myrenn, Wil va être doté d'un don particulier, que certains verraient comme un mauvais sort. Grâce à(ou à cause de) ce don, Wil va découvrir de nombreuses personnes, se faire des amis, des ennemis, découvrir l'amour, va être poussé au maximum de sa résistance psychologique... On passe trois tomes à espérer (sans trop y croire) que Wil finisse par détrôner le prince tant détesté, qui a ordonné moults massacres.
L'histoire est simple (même un peu trop parfois...) et l'on rentre dans l'histoire dès le premier chapitre. L'auteur a reçu l'appui de Robbin Hobb et bien que ses personnages n'atteignent pas la profondeur psychologique de l'auteur de l'Assassin Royal, ils sont quand même bien développés et l'on apprend vite à les aimer, les détester, espérer et souffrir avec eux. Bref, c'est de la bonne fantasy pour qui veut ne pas trop se prendre la tête.

Alex Flinn - Sortilège

Autant le dire tout de suite : Sortilège s'adresse aux jeunes ados et à des lectrices très romantiques exclusivement. Moi qui ait quand même une âme de midinette et des lectures de midinette ( ce qui sans nul doute explique pourquoi Amazon n'arrête pas de me conseiller ce livre) je me suis profondément ennuyée.
L'histoire est simple, c'est une transposition moderne, à New-York, du conte de la Belle et la Bête. Un prince est victime d'un sort le transformant en bête ( ici c'est le fils d'un présentateur vedette de journal télé). Il est enfermé dans un château (ici une grande maison à Brooklyn, par son père qui ne supporte pas son apparence) et un jour un homme entre dans sa roseraie. Ici ce n'est plus un riche marchand égaré mais un drogué. Celui-ci après négociations va accepter que sa fille vienne habiter avec la Bête. Et la Bête va tenter de la séduire.
Comme dans le conte, tout est bien qui fini bien et ici les amoureux, une fois le sort rompu, peuvent aller s'inscrire à la fac.
Bref, vous l'aurez compris, ce n'est pas du côté de l'histoire qu'on peut être surpris. Ce n'est pas non plus du côté de l'écriture, passe-partout, qu'il faut chercher. Non, pour moi la seule chose qui sauve ce livre c'est le caractère du héros, Kyle, pendant les 100 premières pages. C'est un lycéen de 16 ans, beau comme un dieu, ultra populaire mais ... le type le plus insupportable qui soit! L'auteur a je pense joué avec délectation avec sa personalité de salaud, lui valant au final ce mauvais sort. Kyle est bouffi d'egoïsme, de prétention, de méchanceté. Il est superficiel, méprise le petit personnel et se montre grossier. Bref le co.... intégral, mais pas si caricatural que cela car par moments il a quelques éclairs (brefs) de lucidité et on voir aussi que son caractère est aussi dû à ses parents et au milieu où il évolue.

Kimberly Raye - série "Vamp 'n' Love"

Vamp'n'Love est le nom de la série originale "Dead End Dating" de Kimberly Raye, dont j'ai lu les cinq premiers tomes. L'histoire aurait pu parler de catholiques et de protestants, de noirs et de blancs ou encore de juifs et d'arabes. Mais comme la mode est à la bit lit, on parle ici de vampires " faits", de vampires " nés" et d'humains.
La série raconte la vie trépidante et superficielle de Lil Marchette, une vampirette de 500 ans environ. Lil est pourrie gâtée depuis son plus jeune âge (oui, c'est une vampire "née", à l'opposé des vampires "faits") par ses parents et ses trois frères. Elle ne tient pas à rejoindre l'empire familial règnant sur les photocopieurs. Au bout de 500 ans elle essaie d'avoir son indépendance en prenant un petit appartement miteux dans Manhattan et en créant une agence matrimoniale pour humains, vampires et Autres (loups-garous, etc.). Au fil des tomes on va voir Lil se débattre avec ses factures (ou plutôt comment les oublier), ses choix cornéliens (Gucci ou Versace?), sa mère envahissante, des célibataires incasables et... Ty, le plus "megadelicious" des vampires "faits".
1er tome : Dead End Dating


Lil créée son agence, et peine au début à trouver des clients, sauf les plus improbables. Dès ce tome elle rencontre Ty, chasseur de primes en quête d'un criminel hantant les agences matrimoniales.
2ème tome : Dead and Dateless


Lil est accusée injustement d'un crime qu'elle n'a pas commis et doit se réfugier chez Ty pour qu'il l'aide.
3ème tome : Your Coffin or Mine


Ty a été enlevé et Lil doit le retrouver. C'est à partir de ce tome qu'il n'y a plus beaucoup de rencontres entre Lil et Ty, ce qui est bien dommage!
4ème tome : Just One Bite


Un démon possède une personne proche de Lil, qui veut se débarasser du démon, mais sans endommager le "porteur" :-)
5eme tome: Sucker for Love


Une cliente de l'agence disparaît et Ty rencontre la mère de Lil pour la première fois. Sa mère est une caricature de mama italienne qui cherche à la caser avec un vampire du même milieu, un vampire "né", afin que Lil puisse lui donner des petits enfants (les vampires "faits" ne pouvant pas procréer). La rencontre promettait un grand moment mais malheureusement l'auteur a expédié cela en quelques lignes :-/


La série est divertissante et le personnage principal est parfois très attachant, parfois insupportable, bref, Lil a du caractère :-) Ty, le héros, est plus monolithique. Je suis plus impressionnée par sa patience envers Lil que par son sex-appeal (je pense qu'il y aurait pas mal de gens qui auraient donné une bonne paire de claques à Lil plus d'une fois!).
Il est dommageable que l'écrivain, surfant sur la "bit lit", oublie les sentiments à force de vouloir faire un récit comique. Je n'ai donc pas été "emportée" par le romantisme avec les couples improbables que Lil réussit à créer. Et bien que Lil et Ty ne soient jamais officiellement ensemble au fil des épisodes, l'issue est inévitable.
Pour les amatrices du genre Bit Lit, je conseille volontiers les deux premiers tomes, drôles et assez romantiques avec les liens développés avec Lil et TY. Malheureusement la suite est moins réussie, l'auteur cherche à faire durer le suspense entre les protagonistes au détriment de l'histoire, et les histoires d'amour nouées avec l'agence matrimoniales sont trop rapidement racontées pour qu'on puisse les apprécier en s'identifiant aux personnages.